Les pratiques culturelles et numériques de jeunes scolarisés dans l’enseignement primaire et secondaire [projet terminé]

Promoteurs

Nicolas Marquis (CASPER), Jean-Pierre Delchambre (CASPER) et Geoffroy Patriarche (PReCoM)

Chercheuses

Ornella Moll (CASPER) et Charlotte Préat (PReCoM)

Collaboratrices

Cynthia Dal (CASPER, CES), Marie Mathen (PReCoM)

Durée du projet

16/08/2016 – 15/08/2017

Mots-clés

Pratiques culturelles, pratiques numériques, jeunes, enquête quantitative

Source de financement

Observatoire des politiques culturelles (OPC) et Observatoire de l’enfance, de la jeunesse et de l’aide à la jeunesse (OEJAJ)

Description

En réponse à un appel d’offre de l’Observatoire des politiques culturelles (OPC) et de l’Observatoire de l’enfance, de la jeunesse et de l’aide à la jeunesse (OEJAJ), le CASPER(link is external) et le PReCoM (en partenariat) se sont vu attribuer une recherche financée par la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), ayant pour objet la réalisation d’une enquête quantitative par questionnaire relative aux pratiques culturelles et numériques d’un échantillon représentatif de jeunes scolarisés dans l’enseignement primaire et secondaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB).

Pour une part, cette enquête par questionnaire s’inscrit dans le prolongement des précédentes recherches (tant quantitatives que qualitatives) menées sur les pratiques culturelles en Belgique francophone (dont celle, qualitative, co-dirigée par Jean-Pierre Delchambre et Christine Schaut pour le CES en 2012-2013, avec la participation de trois chercheurs : François Demonty, Justine Harzé et Cynthia Dal – rapport de synthèse disponible via ce lien). D’autre part, cette nouvelle enquête présente la particularité d’être doublement originale, primo en se focalisant sur le segment des jeunes en âge d’être scolarisés dans le primaire et le secondaire (ce qui représente un défi spécifique au niveau de l’élaboration du questionnaire et du pré-test), et secundo en envisageant les pratiques culturelles en lien avec les pratiques numériques (à rebours des approche dissociant ces deux types de pratiques).

Concernant le premier point, il a été convenu avec le commanditaire de constituer un échantillon de 1500 élèves, évoluant soit en 5ème et 6ème primaires (+/- 10-12 ans), soit en 3ème et 4ème secondaires (+/- 14-17 ans), de manière à privilégier les aspects contrastifs permettant des comparaisons entre ces deux moments, sans renoncer pour autant à saisir les éléments de transition (notamment en posant quelques questions « rétroactives » aux plus âgés). S’agissant du deuxième point, notre projet de recherche vise à donner un statut fort à l’articulation voire à l’hybridation entre les activités culturelles non numériques et numériques. Plutôt que d’envisager de manière séparée les pratiques culturelles et les pratiques numériques, il s’agit, sous couvert d’étudier « les pratiques culturelles des jeunes à l’ère du numérique », de cerner « ce que fait » le numérique au culturel (cf. la notion de « numérimorphose »).

Le questionnaire, qui devra être childfriendly (adapté aux enfants), sera élaboré à partir d’une synthèse de la littérature théorique et méthodologique récente. Il intégrera une série de thématiques retenues par les commanditaires (inégalités sociales et hiérarchie des pratiques, influence des instances de socialisation – famille, groupes des pairs, médias et réseaux sociaux… –, le rôle différencié du père et de la mère, la variable genre, les normes et les régulations à travers les modes de communication et de contrôle, etc.), de même qu’il tiendra compte de la diversité des configurations familiales (attention portée aux familles recomposées et aux situations de garde alternée).

Il est attendu que deux types de pratiques soient investiguées de façon prioritaire, à savoir la lecture au sens large (sur base d’une diversité de supports : manuels scolaires, romans ou BD, tablettes et réseaux sociaux, etc.) ainsi que les jeux (là aussi selon une classification qui devra être établie judicieusement). Il  paraît opportun de ne pas négliger les pratiques d’écrans (dont la télévision) ainsi que les pratiques d’écoute musicale. Les commanditaires souhaitent qu’une question de type « baromètre » soit intégrée afin d’avoir une vue d’ensemble sur les pratiques. Sans perdre de vue cet aspect, le parti pris des chercheurs sera d’aller au-delà d’un inventaire des pratiques, de manière à pouvoir cerner des compétences, des expériences et des modes d’investissement qui peuvent être transversaux ou se retrouver dans une pluralité de pratiques. Enfin, un objectif sera de ne pas passer à côté des rapides transformations des « cultures jeunes », sans prétendre tout réinventer à nouveaux frais (tenir compte des travaux existant en la matière), et sans pour autant se laisser piéger en prenant pour acquises des hypothèses désormais un peu trop reçues comme des évidences (par exemple autour des notions de pratiques culturelles « omnivores », « éclectiques », « voraces », « ouvertes et tolérantes », etc. – pas sûr en effet que les « ados » et les « pré-ados » vérifient à travers leurs pratiques ces normes qui peuvent tenir lieu jusqu’à un certain point de nouvelle légitimité culturelle, le temps de l’adolescence étant celui des affirmations et des rejets, voire des transgressions et des conformismes…).

Publication

Delchambre, J.-P., Marquis, N., Moll, O., Patriarche, G., & Préat, C. (2017). Les pratiques culturelles et numériques des jeunes scolarisés dans l’enseignement primaire et secondaire. Recherche commanditée  par l’Observatoire de l’Enfance, de la Jeunesse et de l’Aide à la Jeunesse et l’Observatoire des Politiques Culturelles. Brussels: Centre d’Anthropologie, Sociologie et Psychologie – Etudes et Recherches, & Pôle de Recherches sur la communication et les médias, 250p. + annexes (rapport interne).

Intervention

Moll, O., & Préat, C. (2016), présentation du projet « Pratiques culturelles et numériques des élèves de l’enseignement primaire et secondaire », Midi du PReCoM et du CASPER, Université Saint-Louis – Bruxelles, 7 décembre 2016.